Une intégration de la sémantique lexicale à la sémantique compositionnelle montagovienne
Monday 25 January 2010 at 03.30 PM by damiano
Le 25 janvier 2010, à 15h30 en salle B311, le séminaire LCR accueille Christian Retoré (LaBRI -- Université de Bordeaux et CNRS, INRIA Bordeaux Sud-Ouest).
Les modèles formels de la sémantique du langage naturel sont relativement pauvres et méconnus si on les compare à ceux utilisés pour sa syntaxe. La sémantique de Montague, plutôt satisfaisante du point de vue formel, reste incapable d’exprimer la polysémie ou les relations entre significations. À l’autre extrême, les sémantiques lexicales sans structures, et en particulier sans structure argumentale, n’ont pas de règles de composition pour calculer la signification d’entités composées. Nous avons proposé une notion de lexique sémantique dans la lignée du lexique génératif de J. Pustejovsky comme un raffinement de la sémantique de R. Montague: en plus du lambda-terme usuel représentant la structure argument d’un mot, le lexique associe aussi des lambda-termes permettant au mot de changer son type et d’être relié à ses autres significations possibles. Le lambda-calcul du second ordre est utilisé pour anticiper les changements de type dépendant des types affectés aux autres mots. Ceci fournit un algorithme correct de calcul du sens d’expressions composées, que ce soit en utilisant les aspects pertinents du sens lors de la composition (qualia exploitation) ou en produisant exactement les sens correspondants à des coprédications possibles et en bloquant celles qui ne le sont pas --- ce que les modèles proposés jusqu’ici ne faisaient pas automatiquement.
On peut ainsi traiter d’exemples comme:
(1) un sourire amoureux et interrogatif (c’est l’auteur du sourire et non le sourire lui même qui est amoureux et s’interroge)
(2) Le thon que nous avons mangé hier était vif comme l’éclair et délicieux (coprédication quasi impossible entre l’animal et la nourriture)
(3) Copenhague est à la fois un port et une capitale cosmopolite (coprédication très acceptable entre le lieu, l’institution et les personnes)
Pour conclure nous procéderons à notre autocritique et expliquerons comment des systèmes de types plus raffinés issus de la logique linéaire pourraient constituer un juste milieu entre l’approche présentée où types et termes sont trop indépendants et celle de N. Asher où les termes sont dictés par les types: linguistiquement est clair que seuls certains types permettent l’existence de transformateurs de types, mais que leur existence dépend de la langue et de l’entrée lexicale considérée.
[Travail réalisé avec Christian Bassac (Lyon) et Bruno Mery (Bordeaux)]
Références bibliographiques:
Towards a Type-Theoretical Account of Lexical Semantics
Bassac C., Mery B., Retoré C.
Journal of Logic Language and Information (2009)
http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/40/83/08/PDF/bassac-mery-retore-revised.pdf
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